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Comprendre les objectifs de la réforme de la formation professionnelle

Par-delà la complexité de la réforme et la multiplicité des dispositifs, on peut dresser une synthèse des orientations qui ont présidé à sa mise en œuvre.

Du développement des compétences au développement de l'employabilité

Pendant des décennies la formation professionnelle était fondée sur deux types de dispositifs :

La réforme vise à décloisonner ces deux filières pour se focaliser sur un objectif unique : développer l'employabilité des personnes tout au long de la vie.

Pour y parvenir la réforme emprunte deux voies :

Du financement de la formation au financement de l'employabilité

Le financement des formations à l'initiative des entreprises a fonctionné pendant des décennies en circuit fermé. Par divers mécanismes, les entreprises étaient incitées à développer leurs actions de formation afin de percevoir des financements à hauteur des cotisations qu'elles versaient.

Si ces mécanismes ont permis un développement du volume des actions de formation, ils ont engendré au moins deux effets indésirables :

En tarissant les ressources dédiées aux entreprises de plus de 50 salariés, la réforme réoriente les flux de financement vers les petites entreprises qui sont structurellement moins consommatrices de formations. Ces dernières, qui emploient proportionnellement moins de collaborateurs cadres, seront incitées par les OPCO à développer leurs actions de formation.

Les grandes entreprises, quant à elles, restent libres de conduire des actions de formations non qualifiantes ou d'investir dans la formation des collaborateurs les plus qualifiés, mais elles le feront désormais sur leurs propres ressources.

De la formation à l'initiative des entreprises à la formation à l'initiative des personnes

L'idée sous-jacente de la réforme est que les individus sont acteurs de leur parcours professionnel et donc mieux à même que leur entreprise de définir les compétences qu'ils doivent développer en termes d'employabilité. Par exemple, une entreprise voudra former ses collaborateurs sur des « soft skills » tels que la communication, alors que le collaborateur considèrera que la maîtrise de l'anglais lui est davantage nécessaire pour évoluer.

Désormais, une part importante des fonds collectés est affectée au Compte Personnel de Formation (CPF). Or, chaque individu décide de la façon dont il utilise le crédit qu'il cumule sur son CPF. De plus, le CPF n'est mobilisable que pour des formations « certifiantes », c'est-à-dire qui répondent à un certain nombre de critères de qualité. Reste à savoir dans quelle mesure les entreprises n'essaieront pas d'orienter les choix individuels des collaborateurs pour les inciter à utiliser leur CPF pour les formations qu'elles recommandent.